Certains motifs offrent un abri
tandis que d'autres te nuire.

SKJÓL est un modèle de tricot islandais spécialement conçu qui remplit un triple objectif : collecter des fonds, sensibiliser le public et témoigner de la solidarité. Chaque maille tricotée contribue au travail du refuge pour femmes et affirme qu’aucune femme ne devrait être seule.

Schémas des relations abusives

On perçoit des motifs dans le fil lui-même : des boucles et des lignes. Dans les relations abusives, il existe aussi des schémas, moins visibles. La violence conjugale est rarement un incident isolé, mais plutôt un schéma récurrent. Ces schémas sont le plus souvent caractérisés par l’isolement, le contrôle et la peur.

Pour briser ce schéma, il faut le reconnaître.

Le schéma de violence est un schéma caché qui se développe et s'intensifie.

Cela arrive rarement d'un coup. Le problème se développe lentement, commençant par quelque chose de anodin, mais finissant par envahir la vie des victimes. C'est pourquoi il peut être difficile de repérer le schéma lorsqu'on est pris dedans.

Les violences conjugales peuvent être émotionnelles, physiques, financières, numériques et sexuelles, et les auteurs combinent souvent plusieurs de ces formes. L'isolement et les violences financières empêchent généralement les victimes de s'échapper, tandis que les violences physiques surviennent souvent plus tard, lorsque le schéma est déjà bien ancré et complexe.


Reconnaître ce schéma nous aide à comprendre comment la violence se développe et pourquoi il peut être difficile de briser ce schéma !

1

Accumulation de tension

La tension monte dans la relation avant d'exploser.

2

La phase d'attaque

Lorsque les tensions atteignent leur paroxysme, certaines manifestations de violence deviennent plus évidentes. Il peut s'agir, par exemple, de violence physique, psychologique ou sexuelle. La victime peut alors éprouver une grande peur, de la confusion et un sentiment d'impuissance.

3

Journées du pain de blé

Après l'accès de violence, il y a souvent une période de remords, d'excuses et de promesses de changement. La personne concernée peut se montrer particulièrement attentionnée ou offrir des cadeaux, donnant ainsi à la victime l'espoir que les abus sont terminés.

4

Dénégation

Après la période de tolérance zéro, il arrive souvent que l'auteur des faits tente de minimiser ou d'expliquer ce qui s'est passé. Il peut alors justifier son comportement, blâmer autrui ou affirmer qu'il s'agissait d'un incident isolé. Cette phase peut donner l'impression que la violence était moins grave qu'elle ne l'était en réalité.

En 2025
1.552
des entretiens de conseil proposés aux femmes
586
Les femmes se sont tournées vers le refuge pour femmes.
47 %
Des femmes sont restées avec leurs enfants dans le refuge.
6-7
expériences

En moyenne, les victimes de violence conjugale font 6 à 7 tentatives pour quitter définitivement une relation abusive.

Rompre avec les habitudes est rarement simple.

Rompre avec un agresseur est rarement une décision simple ; c’est un processus complexe et douloureux. Les recherches montrent qu’il faut en moyenne six à sept tentatives aux victimes de violence conjugale pour quitter définitivement une relation abusive.

Pourquoi est-ce si difficile ? Parce que la violence conjugale est un phénomène systémique. Elle repose sur l’isolement et le contrôle psychologiques qui détruisent lentement mais sûrement l’estime de soi. Lorsqu’une victime tente de se libérer d’une relation abusive, elle peut traverser une période de profond bouleversement, marquée par une grande insécurité et une peur intense. C’est précisément pourquoi le soutien apporté aux victimes est si crucial.

Le refuge pour femmes est un havre de paix pour les survivantes dans ce contexte difficile. Nous sommes là pour la première fois, la cinquième et même la huitième. Nous offrons un hébergement, un soutien psychologique et un espace sécurisant pour reconstruire sa vie et se forger une nouvelle identité.

Avec la campagne « Briser le schéma » , nous utilisons le tricot collectif comme contrepoint à l’isolement vécu par les victimes de violence. Le tricot devient un moyen symbolique de reprendre le contrôle, de créer des liens et de témoigner de sa solidarité.

Chaque boucle apporte de bons résultats

Même si le modèle reste le même, votre ouvrage est unique. Le choix de la laine, des couleurs et des textures lui confère une touche personnelle. En tricotant, vous témoignez de votre soutien aux victimes de violences.

64 % des femmes victimes de violences affirment que leur agresseur les a isolées de leur famille et de leurs amis. Le modèle de tricot SKJÓL est un signe de soutien et de solidarité envers ces femmes. Les activités manuelles et le tricot en groupe créent des liens et contribuent à rompre l'isolement. Une fois cet isolement brisé, il devient plus facile de demander de l'aide.

Tinna Laufdalur

À propos de l'auteur de la recette

Tinna Laufdal est la fondatrice de Tiny Viking. Formatrice en textile et créatrice de mode, elle tricote depuis son plus jeune âge. Forte de nombreuses années d'expérience dans l'enseignement du textile, elle a toujours voué une véritable passion aux travaux d'aiguille. Elle encourage également chacun à trouver son propre style et à créer ses propres vêtements et accessoires. Le recyclage et le développement durable lui tiennent particulièrement à cœur, ce qui se reflète dans sa conception et son enseignement.

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Entretien avec Tinna Laufdalur